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Intervention au Mexique - Juin 2022

En juin 2022, Michelle Dayan et Khadija Azougach se sont rendues au Mexique afin d'intervenir directement sur place au sujet des violences de genre. 

Elles ont ainsi eu la chance de rencontrer divers acteur.trice.s de cette lutte

Le diplôme universitaire
L'association anime un diplôme universitaire sur les violences de genre dans trois universités mexicaines. Michelle Dayan et Khadija Azougach ont, dans le cadre de leur venue au Mexique, pu animer des cours directement sur place, au sein de l'université UNISON et à l'UNAM. Leurs cours portaient ainsi sur la prévention des violences, sur la notion juridique et anthropologique des féminicides et sur le rôle de l'avocat dans l'accompagnement des victimes de violences. 
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Rencontres avec les acteur.trice.s locaux

Le voyage a également été l'occasion de rencontrer différents acteurs et actrices qui agissent directement sur place dans la lutte contre les violences faites aux femmes. 

Visite de la LUNA Frida Khalo : 
L'association a donc eu la chance de visiter la LUNA Frida Kahlo, qui est un centre d'accueil de femmes victimes de violences. Sur place, Michelle Dayan et Khadija Azougach ont rencontré Metzeri Martinez, directrice de la prise en charge des violences, Norma Moreno, cheffe des LUNAS dans l'arrondissement Miguel Hidalgo, Olivia López, sous-directrice des services juridiques et Raquel Vargas, chargée de communication.




 





Quelles sont les actions de ces LUNAS ? 

La ville de Mexico compte 27 LUNAS, qui sont des "Unités territoriales de prévention et de prise en charge des violences de genre). Elles sont gérées par le Ministère des Femmes de la ville. En 2019, une alerte de violence de genre contre les femmes a été déclarée à Mexico, ce qui a entrainé une augmentation des moyens du ministère. Ce dernier a ainsi décidé d'investir plus de moyens dans les LUNAS, afin qu'elles soient des espaces sûrs et accueillants pour les femmes victimes de violences. 

Qu'est ce que le mécanisme Alerte de Violence de Genre contre les Femmes ? 

Les ONG peuvent présenter une sollicitude d'AVGM visant un Etat ou une Municipalité à un groupe de travail constitué de la CONAVIM (commission nationale pour prévenir et éradiquer la violence contre les femmes), d'InMujeres (institut des femmes), de la Commission nationale des droits de l'Homme et d'un.e représentant.e du MAM (mécanisme de promotion de la femme). Après étude des preuves et visites de terrain, ce groupe peut présenter des recommandations à l'entité. 

Les équipes chargées du suivi de ces Alertes sont trop peu nombreuses et formées alors même que le travail est titanesque. Les indicateurs de suivis sont mal définis et aucune stratégie de levée d'une alerte n'est prévue. 

Au niveau local, les autorités des entités sous Alerte de violence de genre contre les femmes ne reçoivent que très peu d'indications pour la mise en place de mesures, alors même qu'elles ne sont pas toujours compétentes dans ce domaine. Le suivi d'une alerte dépend de la bonne volonté des élus locaux et cela change donc en fonction des élections. 


Projection du film "Que sea Ley" et débat : 

Le 20 juin, le film "Que sea Ley" sur le droit à l'avortement, réalisé par Juan Solanas, a été diffusé à Mexico. Il a ensuite donné lieu à un débat au cours duquel sont intervenu.e.s Juan Solanas, qui a parlé de son projet et des défis consistant en le fait de parler d'un tel sujet, de Patricia Rosemberg, qui est une médecin argentine. Elle a notamment été membre de la campagne pour le droit à l'avortement en Argentine. Sont également intervenues Brenda Gonzalez, chargée de communication de l'association GIRE pour les DSSR et le droit à l'avortement au Mexique et Khadija Azougach qui a parlé de son rôle en tant qu'avocate travaillant avec le Planning Familial. Elle a également parlé du contexte international sur le droit à l'avortement.  


















Rencontre avec des acteur.trice.s de la prévention des violences de genre dans les écoles : 

Lors de la visite de l'Ambassadeur dans l'Etat de Mexico en février 2022, le Gouverneur a annoncé vouloir introduire dès la rentrée d'aout 2022 une matière d'éducation à l'égalité de genre dans le cursus scolaire du premier et second degré (primaire et collège). Il a demandé un appui à l'Ambassade pour préparer ce cours, qui a sollicité le lycée français de Mexico. Une équipe multidisciplinaire est donc revenue au cours d'un atelier en ligne de trois heures sur plusieurs aspects de l'enseignement à l'égalité de genre dans le système éducatif français. Cet atelier a été l'occasion de mêler théorie et pratique (cadre légal de l'égalité en France et son enseignement, actions auprès de la communauté éducative, actions à destination des élèves. 

Maura Rubio est directrice des programmes d'éducation à l'égalité des genres du Ministère de l'Education de l'Etat de Mexico. Elle est chargée de suivre l'élaboration de cette nouvelle matière. Elle a partagé les avancées et défis rencontrés à ce sujet. 

Eva Philipp est professeure de SVT et point focal à l'égalité de genre du lycée français de Mexico. Elle est professeure leader de l'équipe multidisciplinaire intervenue dans l'Etat de Mexico. Elle est moteur des actions mises en place autour de l'éducation à l'égalités des genres. 
Ana Laura Ramirez est quant à elle directrice de Parafernalia Teatro qui est une association lauréate du prix DSSR. Cette association traite, à travers le cabaret, de sujets tels que l'identité de genre, la diversité sexuelle, le machisme, les féminicides et l'intersectionnalité. Elle a remporté le prix DSSR pour un projet d'éducation par le théâtre lancé dans plusieurs lycées professionnels. Ce projet a pour objectif de sensibiliser des lycéens et lycéennes aux DSSR et à la lutte contre les violences, et de les accompagner dans la création de pièces de théâtre inédites qui permettront de toucher un public plus ample. 
Enfin, étaient présents le docteur Salvador Percastre, directeur et secrétaire adjoint de la CONALMEX, ainsi que Joan Arellano, directeur de la coopération internationale de la commission mexicaine de coopération avec l'UNESCO. Celle-ci est impliquée dans un programme contre le harcèlement et le cyberharcèlement à l'école, avec la France et le Maroc, grâce à une équipe issue du Ministère de l'Education fédéral. 



















Rencontre avec des avocates spécialisées dans la défense des femmes victimes de violence :

L'organisation féministe Equis Mujeres para la Justicia cherche depuis 2011 à transformer les institutions, lois et politiques publiques pour améliorer l'accès à la justice pour toutes les femmes. Ses équipes travaillent directement avec les institutions gouvernementales et judiciaires pour offrir des propositions fondées sur la recherche et des preuves solides. Les outils de transparence sont leur principale ressource pour le plaidoyer, et grâce à des partenariats avec les OSC, elles cherchent à renforcer l'audit citoyen. En 2022, elles ont publié un guide pour dicter des ordres de protection. 

Par ailleurs, en 2017 a eu lieu une vague de féminicides au Mexique, donnant lieu à des protestations étudiantes sur ce sujet. Plusieurs universités publiques de la ville de Mexico ont alors mis en place des protocoles et des commissions pour prévenir et sanctionner les violences de genre à l'encontre des étudiantes. 

Michelle Dayan et Khadija Azougach ont ainsi eu la chance de rencontrer Maïssa Hubert, sous directrice exécutive et Fatima Gamboa, co-directrice de Equis Mujeres para la Justicia, Socorro Damián, avocate de l'Unité d'action pour la prévention et l'éradication de la violence basée sur le genre, Inclusion et équité et respect des diversités de l'Université Autonome Métropolitaine de la CDMX (université publique), ainsi que Rita Canto, chercheuse à l'UAM, engagée dans les mouvements d'étudiantes contre la violence de genre et les féminicides, ex candidate de la société civile pour le poste de titulaire de la commission de recherche des personnes disparues de la CDMX. Cette dernière a également été impliquée dans les protestations étudiantes de 2017, et dans les commissions créées par la suite. 

Conférence de presse

Le voyage a également été l'occasion pour Michelle Dayan et Khadija Azougach de faire une conférence de presse auprès de journalistes du prix Breach Valdez. Le Mexique est l'un des pays les plus dangereux au monde pour le travail journalistique des professionnelles et professionnels des médias au Mexique. En 2021, ONU-DH a recensé 8 assassinats et 2 disparitions de journalistes qui pourraient être liés à leur activité et à leurs conditions de travail. L'organisation a également recensé l'assassinat de deux gardes de sécurité en poste sur le site d'un média. En 2022, 11 assassinats de journalistes ont été enregistrés avant juin 2022. 

Le prix Breach Valdez de Journalisme et droits de l'Homme reconnait le travail des professionnel.le.s du journalisme établi.e.s au Mexique, dont les travaux sont conduits sur une approche relative à la protection, La Défense, la promotion et la diffusion des droits humains. Un journaliste québécois était également présent pour l'émission radio canadienne "l'histoire jugera". 



Rencontre avec les institutionnels :

Afin d'échanger sur les combats menés par l'association et, plus généralement, sur le sujet des violences faites aux femmes, Michelle Dayan et Khadija Azougach ont eu l'occasion de rencontrer l'ambassadeur de France au Mexique, Monsieur Jean Pierre Asvazadourian. Elles ont également eu la chance de défiler à ses côtés lors de la marche des fiertés, ainsi qu'aux côtés de la délégation française contre l'homophobie et pour les libertés sexuelles. 






























Elles ont également eu la chance de rencontrer le Consul Honoraire de Hermosillo, M. Thierry Camus. 












 
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